Les jours où je rentre à la maison
Au début du mois, je suis redescendue, le temps d’un week-end, dans mes collines (ou plutôt mes rochers). Rien de bien excitant, certes, sauf que cette fois-ci je ne suis pas redescendue seule. Ce n’est pas la première fois que je vais chez mes parents avec quelqu’un que ce soit avec mon ex-petit ami ou une amie, mais c’est la première fois où la personne m’a dit de ne pas m’occuper d’elle, de faire comme d’habitude.
Et si jusqu’à présent je n’en avais pas vraiment pris conscience, j’ai des rites lorsque je redescends chez moi. D’habitude quand je ne suis pas seule, je me concentre sur mon invité(e), je lui trouve des occupations, je ne le ou la laisse jamais seul(e). La dernière fois, j’avais carte blanche. Alors j’ai fais comme d’habitude, j’ai vaqué à mes occupations, sachant que mon invité ne s’ennuierait pas.
Tout commence le vendredi soir lorsque j”arrive. Que ce soit 15h00 ou 2h00 du matin, il y a le moment oùje bois un thé avec mes parents, où ils essayent de me gaver, où on raconte tout ce qu’il s’est passé depuis la dernière fois. Ils ont beau être déjà au courant, j’ai beau déjà savoir, nous nous racontons quand même nos vies.
Puis vient le samedi, mon jour, celui où je reprends possession de la maison. Le jour où je descends faire le marché, où je ramène pleins de produits inconnus de mes parents (vive la nouvelle biocoop qui s’est installée à Cahors), où je me mets aux fourneaux.
A 11h00 pétantes, ma soeur a fini ses devoirs, j’attrape les tabliers et c’est parti pour 1 heure le matin et 4 heures l’après-midi de cuisine à deux. Le matin sert en général à préparer le repas amélioré du samedi, l’après-midi à cuisiner pour toute la semaine les gâteaux, gourmandises, confitures, conserves ou autres qui agrémenteront la semaine de mes parents et les copines de ma soeur. On refait le monde, on discute, on récite les leçons, on commente le rugby, on goûte, on se moque, on s’inquiète…
Pendant que tout cuit, on se chatouille, on triche aux cartes, on continue à refaire le monde, et on fait tout ce qu’on ne peut pas faire d’habitude, tout simplement parce qu’on vit à 600 km l’une de l’autre.
De ces moments, il n’en reste rien quand vient le dimanche à l’heure de repartir. Il n’en reste rien sauf des souvenirs, des fous rires, des promesses de recommencer et de temps en temps une image volée d’une séance de coiffure remplie de rires comme celle-ci.


