Le jour où j’étais un mouchoir en papier

Je suis celle qui, chaque début d’année scolaire, se faisait copine avec les nouveaux de la classe. La raison était simple, ceux de l’année dernière préféraient rester entre eux et moi j’étais seule.
Je suis celle qui, chaque début d’année, faisais le rêve secret de trouver enfin l’Amie avec un grand A, celle avec qui j’échangerais des fous rires, des peines, et je ne sais quoi. Tout se passait bien les premiers temps, puis ensuite du jour au lendemain je n’avais plus personne à côté de moi. La raison, toujours la même, à force de vouloir que l’autre aille bien, s’intègre avec tous les autres, je servais juste de tremplin, de relais. Les gens devenaient mes camarades, puis au fur et à mesure s’entendaient de mieux en mieux avec les autres par mon entremise. Jusqu’au jour où….
Jusqu’au jour où je m’apercevais que je n’étais pas invitée à une fête, un anniversaire, une sortie et que l’autre oui. Jusqu’au jour où les autres ne prenaient même plus la peine de me dire bonjour, jusqu’au jour où mon petit ami préférait les autres ….
Donc j’ai toujours été cette personne, celle qui sert un moment puis qu’on jette, tel un mouchoir en papier, celle qui ne devient jamais indispensable. Résultat, je n’ai jamais eu cette Amie, et encore aujourd’hui je n’en ai pas. Je sais juste que j’appréhende dès qu’une nouvelle personne rentre dans ma vie, j’ai peur d’être de nouveau celle qu’on va utiliser puis jeter.
Mais d’un autre côté, je ne veux pas, je ne vais pas continuer à avoir peur, alors je ferme les yeux et j’avance, je tends la main et des gens sont là pour me retenir, me relever. Mais honnêtement, qu’est-ce que j’ai le trouillomètre au maximum !


Mais vous avez quoi les filles ? une qui pense être un paillasson (sic) et toi un mouchoir en papier (sic) ! Vous savez quoi ? Ce n’est pas vrai ! Vous êtes des êtres vivants, humains, femmes (ou jeunes filles), pas des choses, hein ? Faudrait voir à vous mettre ça dans la tête ! Et pour finir ma leçon de morale je dirais que de toutes façons nul n’est indispensable, pas plus toi que moi et que tous les autres. Alors cool, zen, on respire !
C’est marrant, tu viens de raconter tout entière ma scolarité …
j’ai hésité à répondre parce que j’ai peur de pas trouver les mots et de te heurter (et c loin d’être le but !!)
donc voila : ce que j’aime dans le fait d’avoir plusieurs amis, c’est de prendre une petite parcelle de chacun d’eux. chacun m’est précieux mais personne ne m’apporte la même chose et donc, je ne m’investis plus dans une seule relation, je profite de toutes celles qui me rendent heureuse
et ça aide beaucoup à se dire que, comme c’est pareil pour les autres, s’il y a parfois une désaffection temporaire, ce n’est pas un rejet de moi ou du lien qu’on a créé, ni une fermeture de porte.
jusqu’au Donc, on dirait moi
Sauf que moi, je n’ai pas peur d’être jetée parce que je le suis toujours, que je ne ferme jamais les yeux en espérant que les autres me retiennent.
Ce matin, à 4 heures, je me suis mise à pleurer sans pouvoir m’arrêter. Pas en lisant ce message (rassure-toi)
@ patate : formons un club, je suis certaine qu’on trouvera plein de gens comme nous
@ baci : tu ne me heurtes pas. Je ne cherche pas spécialement l’exclusivité, mais juste quelqu’un (ou plusieurs personnes) que je peux appeler si cela ne va pas, avec qui je peux parler de tout et de rien. Pour l’instant je ne suis même pas sûre d’avoir une ou deux personnes comme çà.