3 mois sans écrire, 3 mois à commencer des billets, 3 mois à ne pas trouver les mots justes.
3 mois à continuer sur la pente descendante, à me laisser submerger par mes émotions, par mes doutes, par mes démons personnels en ce qui concerne ma vie professionnelle,
2 mois à ne pas oser crier la douleur due à la peur de ce futur de plus en plus proche ; à la peur de reproduire un schéma affectif toxique, fait de comparaisons, de rejets, de non-dits, de mots assassins et pour finir d’une carence affective notable ; ou au contraire de tomber dans le schéma inverse, fait d’un étouffement, d’une surprotection, d’une impossibilité à laisser une personnalité de construire, s’affirmer.
1 semaine à regarder son plafond, les nuages, les ouvriers chargés de l’immeuble d’en face ; 1 semaine à pleurer, à se sentir minable, incapable de mener quoique ce soit à son terme (grossesse, travail, relations amicales, …) , à ne parler à personne, à se retrouver uniquement face à soi-même et ses démons.
Encore 10 semaines à rester allongée, à essayer de dompter ses peurs, à prendre des résolutions qu’il faudra tenir, à relativiser, à essayer de gagner en sérénité et en pragmatisme.
Encore 3 mois pour essayer de m’approprier mon corps, ma grossesse, pour ne pas regretter la trop forte influence de ma mère et de son mal-être sur ma vie à moi, sur la famille que je veux construire.
Encore 6 mois pour essayer de trouver sa voie, de décider de son avenir professionnel, pour se remonter les manches et faire fonctionner les réseaux, les neurones et oser être comme je voudrais qu’on me perçoive.
Finalement, je n’avais pas tort quand je pensais qu’un permis psychologique d’enfanter serait pas si mal dans mon cas.